WANG WEI (701-761)
"Wang Wei est né en 701 près de T'ai-yuan , dans les montagnes du Chansi, d'une famille de petits fonctionnaires provinciaux.Doué pour toutes les disciplines de l'esprit, il est admis dès ses dix-neuf ans à se présenter aux concours impériaux-ou il est reçu premier.Comme il excelle surtout en l'art de pincer les cordes du p'i-p'a (luth), on lui confie le poste mandarinal de maître de musique dans l'orchestre rituel du Palais.(...)
En 751, il perd sa mère qui, veuve de bonne heure, l'avait élevé, ainsi que ses quatre petits frères, dans la foi bouddhiste.Ce deuil marquera douloureusement ses dernières années- qui par ailleurs ne seront pas de tout repos. Lors de la révolte d'An Lou-Chan, il assiste à la chute de la capitale Tch'ang-an, et se retrouve prisonnier:on raconte qu'il dût feindre la maladie pour ne pas servir les rebelles.Ses dons de poète le sauvent du pire: l'ordre rétabli, quelques vers de sa main adressés à l'Empereur lui permettent de rentrer en grâce.Il accède enfin aux plus hautes fonctions, avec le titre envié de second assistant du président du grand secrétariat impérial.
Mais cette gloire vient décidément bien tard.Il ne songe plus qu'à se retirer en quelque solitude élue pour se consacrer tout entier à sa poésie et à sa peinture ."(il est l'inventeur présumé de la peinture monochrome)
"Il meurt en juillet 761, au seuil de la soixantaine.(...)
Une vie, somme toute, équitablement partagée entre le monde et la solitude, entre l'Art et le pouvoir, l'illusion flatteuse et la vexante désillusion, la sérénité et le tumulte.Pour bouddhiste qu'il fût, le personnage n'est évidemment pas un saint.
Il s'est frotté aux affaires du monde et y a laissé quelques plumes.
La pureté après quoi il courait, il lui a fallu la conquérir de haute lutte- il ne s'en plaint pas, même si en cours de route les déconvenues ont été nombreuses et amères. Sans doute est-ce pourquoi sa poésie, après douze siècles écoulés, nous touche tant."
extrait de "les saisons bleues -l'oeuvre de Wang Wei poète et peintre"
Patrick Carré aux éditions Phébus
"Wang Wei , l'adepte vers la fin de sa vie, du bouddhisme Ch'an, fixe ses expériences méditatives dans des vers d'un parfaite simplicité."
François Cheng "Entre source et nuage- La poésie chinoise réinventée"
Albin Michel
"Signes gravés sur écailles de tortue ou sur des os de buffles; signes que portent sur leurs flanc vases sacrés et récipients de bronze:l'idéogramme restitue à la fois le lien secret qui relie les choses et le souffle qui les anime.Depuis trois millénaires, la poésie chinoise fascine par une unité sui generis entre écriture, calligraphie peinture et musique: diamant taillé selon la correspondance des symboles,incantation des traçés incarnés." L'écriture poétique chinoise
François Cheng
Editions du seuil points essais
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